Avengers 4 et 5: one-shots risqués
Après une première saga réussie, Jonathan Hickman se lance dans une série de one-shots sur les nouveaux venus des Avengers. Pari risqué,mais qu'en est-il au final? J'avais reproché au numéro 3 d'introduire des nouveaux personnages, ou en tous cas des versions inédites, et de ne donner aucune information sur eux. C'était voulu par l'auteur, qui semble vouloir écrire une saga, puis faire une série de one-shots pour développer ses idées. C'est osé de faire ça sur une des plus grosses séries Marvel du moment, il faut le reconnaître. Hickman aurait très bien pu faire une saga avec l'équipe classique pour mieux coller au Cinemaverse, mais décide de faire ce qu'il aime le plus: s'attaquer au cosmique. Ainsi, le numéro 4 nous contera les origines d'un Hyperion, tandis que le deuxième s'attaque aux origines du nouveau Smasher.
Scénario de Jonathan Hickman
Dessiné par Adam Kubert
Sortis en février 2013
Publié par Marvel
Prix: $3.99
La démonstration de force du numéro précédent, où Hyperion étalait Hulk sans grand effort, était impressionnante, mais il faut avouer qu'on n'avait aucune idée de qui était réellement ce personnage. Le dernier Hyperion que l'on avait vu s'était fait tabasser dans la série Thunderbolts, et était un personnage maléfique. Ici, Hickman sort un personnage d'un autre univers, et réussit à écrire son histoire complètement en un seul numéro. Non seulement on a toutes les informations nécessaires, mais on a aussi un joli travail de caractérisation du personnage. On nous avait promis une nouvelle version, pas une simple copie de Superman. C'est chose faite, même si à la place, on peut avoir peur d'avoir un nouveau personnage à la Sentry. Bendis n'avait jamais su trop quoi faire de lui, espérons qu'Hickman ait des plans pour Hyperion. D'après une interview, le parcours du personnage servira l'intrigue sur de nombreux numéros, on peut donc espérer de nouveaux beaux moments pour lui.
En plus des origines du personnage, une partie des Avengers partira faire une virée en Terre Sauvage, mais retombera bien vite dans les vieux travers de Bendis: l'A.I.M., l'organisation terroriste qu'on voit tous les deux numéros de n'importe quelle série. Si on peut au moins reconnaître que les conséquences du premier numéro de la série sont visibles ici, l'histoire secondaire n'est pas indispensable cependant, et sert juste à décrire le nouveau venu de l'équipe.
Autre inconnue au bataillon, Smasher, membre de la Garde Impériale. Depuis la fin du mythique run cosmique d'Abnett et Lanning, on avait eu peu de "bonnes" utilisations des personnages cosmiques. Bendis s'y est essayé dans Avengers Assemble, mais avec une telle ellipse par rapport au run précédent que c'en était presque irrespectueux. Ici, Hickman semble prendre un pied monstrueux sur le cosmique, en explorant les recoins de l'univers de la Garde Impériale, les différents enjeux politiques, et les différentes races présentes. L'épisode ressemble quand même énormément à un épisode de Green Lantern, que ce soit dans le déroulement de l'histoire (le recrutement, le combat, la conclusion) ou le principe même de la petite humaine qu'on propulse dans l'espace, ce qui est dommage. Hickman fait cependant l'effort d'introduire une part de mystère qui peut laisser présager que tout n'est pas raconté, mais cela semble assez facile. Par contre, ce deuxième épisode accorde bien plus d'importance à l'équipe en elle même et les interactions en son sein: Captain America est bien plus présent et imposant, Hulk a droit à un dialogue assez drôle avec "Smasher", et Wolverine servira une fois de plus à trancher. L'arrivée de la Garde Impériale en impose, et conclut ce chapitre de manière finalement assez classique.
Au niveau des dessins, on savait que la perte d'Opeña allait être préjudiciable à la série. Il a un trait époustouflant, mais cette qualité se crée au détriment de la rapidité. Avant que le toujours efficace Mike Deodato arrive aider, c'est Adam Kubert qui prend les rênes pour quelques numéros. Si sa prestation sur AvX était excellente sur les débuts, on peut imputer la baisse de qualité du dernier numéro de l'event à ses difficultés familiales (et encore, même en sous régime, le numéro était très beau et à des années lumières de ce que Romita Jr. avait fait). Là , on le sent bien plus inspiré, plus enclin à des doubles pages complexes. L'histoire lui plaît peut-être plus, il est bien possible qu'il s'éclate sur l'échelle cosmique du titre, et ça se voit. Pas aussi froid qu'Opena, pas aussi détaillé cependant, sa prestation est tout à fait convenable, et hormis une case qui peut sembler ratée dans le chapitre sur Smasher (je suis le seul à ne pas avoir compris de suite que les Avengers avaient des respirateurs?), c'est propre, lisible, et fort joli.
C'était risqué d'écrire deux numéros sur des personnages relativement peu connus du grand public, mais c'est réussi. Hickman arrive en deux numéros seulement à introduire des personnages nouveaux, à les développer proprement, et à lancer de nombreuses pistes pour la suite, sans sacrifier sa ligne directrice pour suivre le Cinemaverse. Tout n'est pas parfait (le syndrome Sentry, l'hommage très appuyé à Green Lantern), mais ce sont là deux bons numéros. Il faut donner une chance à ce titre, Hickman ou pas.










C’est très lyrique, autant j’avais rien compris à ses Ultimates autant là j’suis sous le charme.
Exactement. Je suis pas sur de savoir où Hickman veut aller, je songe grandement à Infinity (cf. la fin d’Avengers 5?), mais je m’éclate.
Apparemment « Infinity » est plus lié à New Avengers. Série que je trouve 1000 fois meilleure (pour le moment) que ces Avengers