Comic Story #33 – Britain’s Secret Weapon
C'est à Winston Churchill que nous devons le titre de la chronique d'aujourd'hui. Le moral durant la Seconde Guerre Mondiale tenait en effet à peu de chose, d'autant plus celui des soldats. C'est ainsi qu'une simple héroïne du Daily Mirror, fut ainsi qualifiée d'"arme secrète de la Grande-Bretagne."
Créée par Norman Pett en 1932, Jane's Journal, The Diary of a Bright Young Thing relate au départ la vie d'une jeune fille quelque peu dilettante au travers d'historiettes comiques. Les récits prirent part la suite un peu plus d'épaisseur jetant Jane dans de petites péripéties n'ayant pour autre but que de trouver un moyen de la dévêtir. Son succès venant du fait que si Jane semblait avoir du mal à conserver ses vêtements sur son corps, elle n'était en rien grossière et provocante. Il s'agissait au contraire d'une jeune fille pudique au caractère innocent. Rien de tel pour réchauffer un peu les troupes. En 1943, une avancée de la 36e division de l'armée britannique de 10km lors de la campagne de Birmanie est exposée comme preuve à l'époque, car correspondant au premier (et l'un des seuls) nu de la demoiselle.
Derrière cette Jane aux problèmes d'exhibition ne se cache pas seulement un auteur, mais également un modèle. Deux en réalité. Jusqu'en 1938, il s'agit de la femme de Norman Pett, Mary, mais celle-ci s'en lassa, et Pett trouva alors un nouveau modèle dans le mannequin Cristabell Leighton-Porter (à droite avec Pett). Cette dernière entama, à la suite du succès de la série, un music-hall qui la rendit presque aussi célèbre que Jane. Au lendemain du jour J, Leighton-Porter, dont le spectacle jouait sur le vu et le caché, réalisa la même chose que sa sœur de papier et se dénuda enfin totalement dans les pages du Daily Mirror. Suivit également en 1949, une adaptation filmographique, ainsi qu'un grand nombre séries surfant sur la vague de son succès.
Le 10 octobre 1959, Jane s'embarque avec son nouvel époux sur un voilier se dirigeant vers le soleil couchant. En disparaissant dans l'horizon se terminait ainsi ses aventures dont le public s'était quelque peu détourné depuis un bon moment. En effet, en 1948 Norman Pett décide de créer une rivale à Jane, Susie, qu'il publie dans un journal concurrent. Prenant congé du Daily Mirror, ce fut son assistant, Michael Hubbard qui repris le flambeau sans pour autant jamais réussir à conserver le succès et l'affection du public pour la jeune femme. On tenta de relancer la série de nombreuses fois que ce soit par la voie des journaux, celui d'une série télévisée (non pas sans originalité) ou encore d'un dernier et ultime film en 1987.
A bien y réfléchir, la popularité de Jane mourut avec la fin de la guerre. Le qualificatif d'arme secrète utilisé par le Premier Ministre anglais n'était peut-être pas entièrement faux en un sens, toute arme n'ayant d'intérêt qu'en période de guerre. Jane était la jeune fille que les soldats appréciaient parce qu'elle leur amenait du réconfort, un réconfort qui, pour bon nombre d'entre eux je pense, était de penser qu'ils avaient une femme, une fiancée ou une simple élue de leur cœur qui les attendaient. Jane leur rappelait ce pourquoi il se battait. Dès lors, de retour auprès de leur bien aimé, Jane avait perdu son sens.




