Avengers #1 et #2 par Hickman: la review !
A l'occasion du relaunch de quasiment toutes ses séries, Marvel a choisi de mettre fin à la grande ère Bendis sur les Vengeurs. Arrivé en 2004 à l'occasion d'Avengers : Disassembled, Bendis avait relancé la machine Avengers, en détruisant dès le départ l'équipe pour mieux la relancer dans ce qui restera un des runs les plus célèbre de l'industrie : New Avengers. Avec des idées qui semblent maintenant évidentes, comme amener Spider-Man ou Wolverine, Bendis a laissé une empreinte importante dans l'histoire des comics. Son style immédiatement reconnaissable, fait de dialogues interminables, de ninjas tous les trois numéros, et d'états d'âmes de ses héros avait ses détracteurs, mais il faut reconnaître qu'il est pour beaucoup dans le succès de la Maison des Idées ces dernières années.
Fiche Technique
Story by Jonathan Hickman
Art by Jerome Opeña
Cover by Dustin Weaver, Skottie Young, Esad Ribic, [more...]
Publisher: Marvel Comics
Cover Price: $3.99 le numéro
Date de sortie : 5 et 19 décembre 2012
The greatest heroes in comics together on one unbeatable team! Now shipping twice a month, the Avengers “go large,” expanding their roster and their sphere of influence to a global and even interplanetary level. When Captain America puts out his call - who will answer? Big threats, big ideas, big idealism - these are the Avengers NOW!
Critique
Beaucoup s'accordaient à dire que depuis quelques mois, les histoires de Bendis tournaient quelque peu en rond, et qu'un changement était nécessaire. C'est donc le providentiel Jonathan Hickman qui reprend les rênes des deux équipes Avengers les plus célèbres : Avengers, et New Avengers. Hickman, connu ces dernières années pour son run sur Fantastic Four, puis Future Foundation, avait repris la série FF en perte de vitesse depuis quelques années ; Mark Millar et Bryan Hitch n'avaient même pas réussi à ranimer la série, mais Hickman avait imposé dès le départ son style : des intrigues qui s'étalent sur une vingtaine de numéros, des indices semés partout, pour une série qui requiert un minimum d'attention pour bien se laisser apprivoiser. Là où les Vengeurs de Bendis pouvaient se lire d'une main, le style d'Hickman est plus fouillé, plus profond et symbolique, et demande au lecteur une connaissance de tout ce qui s'était passé avant, et éventuellement un peu de réflexion pour bien saisir tous les concepts lancés par l'auteur.
Et c'est exactement comme ça que démarre son run sur Avengers. Aidé pour les trois premiers numéros de Jerome Opeña, Hickman lance dès la première page des pistes pour les années à venir, en teasant les sagas à suivre pour mieux lancer la première. L'histoire du premier numéro est en soit classique : les Vengeurs sont appelés à faire face à une menace gigantesque qui pourrait potentiellement détruire la planète, se rendent sur place, et après quelques péripéties, Captain America forme une nouvelle équipe de Vengeurs pour combattre une menace surpuissante. L'intrigue semble donc convenue, mais c'est en premier lieu les choix d'Hickman qui tranchent avec le style de Bendis : on retire les dialogues interminables, les blagues toutes les deux pages, et l'esprit bon enfant ; là, les Vengeurs font face à non plus une menace à l'échelle terrestre, comme des ninjas, la Main, ou même Osborn, mais bien à l'échelle cosmique. Le teaser laisse présager que des batailles spatiales à grands renforts d'armadas sont à prévoir, et ça commence plutôt fort dès le premier numéro, avec l'équipe montée par Captain America, totalement différentes de celle de Bendis. Exit Luke Cage à chaque page, le premier numéro est centré sur l'équipe du film (à savoir Iron Man, Cap, Thor, Hulk, Hawkeye et Black Widow), tandis que le second utilisera des héros peu connus, voir obscurs. Parmi les lecteurs qui lisent des comics depuis moins de dix ans, reconnaître Hyperion, Captain Universe, ainsi que Smasher par exemple sera difficile. On a peu d'explications quant à la présence de ces personnages, ils répondront juste à l'appel lancé. Etant donné qu'Hickman a promis des arcs en quatre numéros, soit trois numéros normaux, et un numéro centré sur un personnage, on peut espérer que ces personnages seront par la suite plus développés. Le second arc devrait quant à lui expliquer l'origine de ce nouvel Hyperion, mais on reste pour l'instant dans le flou. Si les grands personnages classiques sont là, Falcon, Wolverine, ou même Spider-Man, on notera aussi qu'Hickman utilise un de ses personnage crée pendant son run sur la sublime série Secret Warriors, Manifold, le téléporteur de l'équipe secrète de Nick Fury. C'est un plaisir de voir de nouveaux personnages arriver, là où Bendis nous a servi du Cage et sa femme, ainsi que Doctor Strange pendant des années. On notera même une petite pique à l'encontre de ces deux personnages, un joli clin d’œil d'un auteur à un autre.
On a beaucoup lu que l'histoire était trop compliquée à comprendre, mais à partir du moment où on lit ça tranquillement plutôt que d'être sur Internet, ça ne pose aucun problème. Hickman évite de surcharger inutilement ses scènes d'actions de dialogues comme on en avait avant, et se lance plus dans des discussions efficaces, qui vont droit au but, mais restent quand même sensées. De nombreux flash-backs et flash-forwards sont présents dans chaque numéro, ce qui laisse bien penser que l'auteur a prévu effectivement une vingtaine de numéros. Une très belle ère s'ouvre pour les Vengeurs.
Au dessin de ces trois premiers numéros, le talentueux Jerome Opeña. Beaucoup connaissent son style pour ses chapitres d'Uncanny X-Force avec Remender, et c'est ici tout aussi beau, voir même plus. On oublie les dessins carrés et rapides de Romita Jr. du précédent relaunch, ici chaque page est plus belle encore que l'autre. Les personnages sont sublimes, ses scènes d'actions sont lisibles et efficaces, c'est visuellement un régal. Malheureusement, le dessinateur, aussi doué soit-il, ne pourra pas tenir le rythme, et c'est pour ça que Marvel a prévu dès le départ en faisant appel à Adam Kubert pour assurer la transition, ce qui reste tout de même bien. Le seul reproche qu'on pourrait faire au dessin est que la coloration rend les traits d'Opeña encore plus ''froids'' que d'habitude. Ce souci semble être corrigé sur le second numéro, mais cela n'enlève rien au plaisir visuel de ce relaunch..
''Froid'', c'est un terme qui pourrait éventuellement décrire cette nouvelle série. Là où Bendis nous donnait une équipe qui se lançait des vannes toutes les pages, avec un humour constant et un second degré permanent, Hickman fait sa version d'Avengers : des héros efficaces, avec une puissance de frappe qui convient à l'échelle cosmique voulue par l'auteur, pour une vraie équipe de justiciers, efficaces, surpuissants. On quitte la Terre et ses intrigues, et on passe dans un autre monde. C'est un nouveau tournant pour le titre phare de Marvel, et que ce soit pour le scénario recherché et bien construit, ou les dessins époustouflants, cette série mérite tous les éloges possibles.











Spoiler: c’est génial et vous devez le lire.
Et le chroniqueur est modeste en plus !
Je parlais de la série d’Hickman!
:p