La Sociologie des Super-Héros: les comics étudiés par un Français
Pour une fois, ce n'est pas la critique d'un comics que vous lirez dans ces lignes, mais celle d'un vrai livre de sociologie. Un livre sérieux et sans image (même pas sur la couverture !). Mais rassurez-vous, sérieux ne signifie pas ennuyeux. Preuve en est, derrière le titre de ce livre se cache Thierry Rogel, agrégé de sciences économiques et sociales, et véritable passionné de comics.
Fiche Technique
Broché: 251 pages
Éditeur: Éditions Hermann (19 mai 2012)
Collection : Société et pensées
Prix: 30€
Biographie de l'auteur
Thierry Rogel, agrégé de sciences économiques et sociales et amateur de comics, s'est spécialisé dans la vulgarisation des sciences sociales en général et de la sociologie en particulier.
Présentation de l’éditeur:
Ces dernières années, les super-héros ont envahi nos écrans de cinéma et semblent durablement installés dans l'univers de la culture populaire : cette nouvelle génération, portée essentiellement par le groupe Marvel, est née en 1961 avec notamment la création des Fantastic Four. Ces personnages tranchaient sur les Batman et Superman de la génération précédente par leur plus grande humanité et leur plus grande fragilité. Les jeunes lecteurs ne s'y trompèrent d'ailleurs pas et le succès des super-héros de " l'âge d'Argent " (1961-1973) a tenu au fait que ceux -ci " disaient quelque chose " sur la société des années 1960 et 1970. Mais nous disent-ils encore quelque chose en 2011 sur ce que nous devenons ? Objets littéraires, les histoires de super-héros tiennent des contes d'antan et des récits mythiques mais également de la littérature populaire apparue aux xixe et xxe siècles. Objets sociologiques, ils nous informent sur les rêves et les tabous d'une société, sur notre rapport à la science et notre vision de l'individu dans la société contemporaine.
Critique
"Pour mes fils Johan et Brendan, qui se souviennent encore de "la Saga du Surfeur d'Argent" comme lecture du soir." Quand on lit la dédicace de Thierry Rogel, on se dit qu'un homme qui lit des comics à ses enfants pour les endormir n'est foncièrement pas mauvais. On réalise aussi le respect qu'a l'auteur pour les comics. On pourrait avoir peur que l'auteur ne connaisse pas réellement son sujet et ne l'aborde que par son aspect sociologique, mais Thierry Rogel est un vrai lecteur. Entre les références aux Stranges, LUG et autres Fantask, l'on voit bien que Rogel était un lecteur de comics bien avant d'en parler dans ses livres. En effet, Rogel ne se contente pas de raconter des passages d'aventures explicitant ses propos. Il est question de ce qu'il y a dans les comics, mais aussi de ce qu'il y a autour. Ainsi, si les relations entre la société réelle (la nôtre) et les comics sont approfondis, il est aussi question de l'histoire des comics aux Etats Unis et en France. Des pages de "la séduction de l'innocent" du psychologue Frederic Wertham, qui est à l'origine de l'auto-censure américaine avec le Comic Code Authority, aux raisons de la censure française, Rogel explore le développement des comics dans notre société.
L'on "s'amusera" de voir qu'une censure importante a eu lieu à l'encontre de ces bandes dessinées alors que celles-ci étaient relativement très soft par rapport au matériel dont elles s'inspirent. Prenons l'exemple de Loki, dieu de la tromperie et demi-frère de Thor. Loki est présenté chez Marvel comme un terrible "vilain", presque l'équivalent du diable. Pourtant, dans toutes les histoires où Loki joue son rôle de vilain, il respecte tout de même une certaine morale (propre à l'époque du récit). Ainsi, on ne verra sans doute jamais le Loki de Marvel agir comme l'original, qui s'était transformé en cheval pour séduire un étalon et de leur union avait accouché d'un cheval à huit pattes: Sleipnir. La zoophilie étant un tabou, il y a peu de chances pour que Loki s'y adonne dans les années 60. Aussi, les comics de super-héros reflètent d'une certaine façon la réalité: si dans les années 40 c'est le savant fou qui inquiète, dans les années 60 (post-Hiroshima) c'est l'accident lui-même. Les héros ne sont plus créés (cf. Captain America) mais sont le fruit d'accidents (les Quatre Fantastiques, Spider-Man, Iron Man... et bien-sûr Hulk). Rogel ne se contente pas de faire des rapprochements sommaires. Il pousse le vice jusqu'à démontrer dans quels courants de pensée politique, scientifique ou philosophiques se situent les héros. Question particulièrement intéressante pour les X-Men et Magnéto.
Mais ne pensez pas que le livre se résume à ranger les super héros dans des cases. Rogel fait une véritable étude de la société dans laquelle vivent les héros. Après avoir démontré par des statistiques que les interactions des super héros correspondent à la réalité, il va pouvoir interpréter les comportements des super-héros par la socio-psychologie. Ainsi, gérer une double identité peut être assimilé à la gestion des stigmates étudiés par Gauffman.
La relation au père, au frère et bien-sûr à la Justice sont autant de sujets abordés. Le chapitre "on nait super-vilain, on devient super-héros" qui traite de la norme d'internalité (quel est notre degré d'implication dans nos succès et nos échecs) est un bon exemple de comment Rogel parvient grâce à des exemples simples à traiter de concepts de Psychologie ou de Sociologie. C'est très certainement là l'un des gros points forts de ce livre: son accessibilité. Rogel étant partisan de la vulgarisation des Sciences, son livre de sociologie est très abordable par les néophytes sans pour autant s'arrêter à la surface. Ayant moi-même fait des études de Psychologie (oui, il arrive parfois que je raconte ma vie au détour d'une critique), il m'est arrivé dans la première moitié du livre de regretter que l'auteur n'aille pas plus loin dans ses propos car j'avais les connaissances suffisantes pour m'accrocher. Ce fut en effet une surprise pour moi: Rogel réussit à brasser beaucoup d'auteurs dont j'ai pu étudier les théories au cours de ma Licence. "Il ne manquerait plus qu'il arrive à parler de Durkheim (sociologue célèbre pour ses travaux sur les institutions)" me disais-je à mi-livre. Eh bien, il y arrive le fourbe ! Dernière chose importante à préciser: le style littéraire de l'auteur. Si vous craignez les livres écrits dans le charabia intellectualiste des philosophes et des psychologues, vous n'avez rien à redouter de la Sociologie des Super-Héros. Loin d'avoir une plume pauvre, Rogel conjugue la simplicité des textes scientifiques avec ce qu'il faut de style pour avoir une lecture agréable dont on ne décroche pas.
Conclusion
Facile d'accès pour les non-initiés, aussi bien au sujet de la Sociologie et de la Psychologie qu'au sujet des comics, la Sociologie des Super-Héros est une étude approfondie et diablement intéressante de l'Âge d'Argent de Marvel. L'on y apprend de nombreuses choses avec un point de vue original. Thierry Rogel ne se contente pas d'étudier les histoires, il s'intéresse à leur contexte, leurs influences et leur répercussions sur la société. En somme, c'est un livre très complet qu'on vous recommande chaudement ! Si vous envisagez des études en Sciences Sociales ou que vous vous intéressez à elles et que vous aimez les comics Marvel, procurez-le vous au plus vite, vous ne le regretterez pas !









spfff encore un achat
Oui, ça fait mal. Mais c’est pour votre bien.
Clairement : il me le faut !
En même temps, depuis le temps que j’en parle en privé, tu aurais pu le réaliser plus tôt. XD
Tu sous-entends que se faire du mal ferait du bien ? … Je ne te savais pas branché SM…
les livres c’est pour lire, pas pour autre chose
Je voyais plus ça comme une piqûre de vaccin, qui fait mal mais dont le but est « bon »… oO
Non, mais Geoffrey voit le mal partout, même quand il n’y est pas.
…
Ou qu’il fait du bien :p
Le mal est partout…à côté de moi, Batounet est un modèle d’équilibre mental qui n’a jamais cédé à la moindre once de parano ^^
Même quand on lui dit « Zur-En-Arrh » ?
Tu joues avec le feu là, des phrases pareilles dis !!! Et si je switch sur une personnalité de secours, tu fais quoi ?
J’envoie une balle magique qui fait remonter le temps ?
(Notons comme les histoires de Batman sous Morisson ressemblent à une partie de Kamoulox.)
Tsss, j’imprime mon avis en public pour tenter de lancer le mouvement (comme le mec qui regarde le ciel et du coup les passants regardent aussi ) :p :p :p
Ce qui était d’ailleurs une expérience de Psychologie.
Ou une recherche assidue de Superman…d’ailleurs, les gens qui voient Superman, pourquoi regardaient-ils le ciel à ce moment-là d’ailleurs ? Encore un mystère à résoudre Watson !
On avait eu cette conversation avec Cable sur Facebook. Il avait proposé une explication plutôt convaincante: quand le quasi-slogan « c’est un oiseau ! C’est un avion ! Non, c’est Superman ! » fait son apparition à la radio, nous sommes en 1940. A cette époque, les avions survolant les villes sont encore rares. Il est donc logique qu’un OVNI (au sens stricte du terme) attire l’attention des badauds…
Bon, il va falloir que j’y jette un oeil, mais attention aux approximations ! Loki n’a pas couché avec Thor pour enfanter Sleipnir, le cheval à HUIT pattes ! Le dieu fripon s’est tapé l’un des plus grands étalons du monde nordique, Svaðilfari (http://fr.wikipedia.org/wiki/Sleipnir).
Zoophilie, oui, inceste, non.
Au temps pour moi ! J’ai raconté l’anecdote de mémoire au lieu de retrouver le paragraphe exact. (Pas bien, pas bien.)
Je corrige l’article tout de suite.
un bon livre à lire à la plage
(c’est quand même mieux qu’admirer la belle plastique de jolies filles qui se dorent la pilule juste à côté de nous)
En même temps, on ne se cultive pas en regardant les jolies filles sur la plage… :p
heu on peu cultiver autre chose en regardant ces belles plantes