Amazing Spider-Man : le reboot se fait remake…
Paris, le Grand Rex, mardi 19 juin, 20h15 : l’équipe du film Amazing Spider-Man fait face à un public survolté, impatient de découvrir les "nouvelles" aventures de Peter Parker. L'ambiance est électrique. Emma Stone, habillée dans un style très "Famille Adams", est réceptive à l'acclamation des fans. (J'ai même le droit à un petit clin d’œil et un sourire de la miss après que je lui ai fait un signe "spidey" de la main... Non, je serai objectif et je n'en tiendrai pas compte ^^). "Paris est la plus belle ville du monde... Est-ce que quelqu'un peut me kidnapper dans les 5 prochaines minutes pour me garder ici ?" plaisante l’actrice. (Là encore, tentative de corruption...) "Jé soui trai fatigué ojordoui !" s'exclame Andrew Garfield, qui revêt un ensemble aux couleurs "écrasé de framboises" du plus bel effet... Obtenant pour son effort linguistique une ovation de jeunes filles en délire. Bref, il y a de l'ambiance, toutes les conditions sont réunies pour passer un bon moment de cinéma...
Les limites du reboot
Dès que l'annonce fut faite d'un reboot de la franchise cinématographique Spider-Man par le relativement peu connu Marc Webb, (Un nom pourtant prédestiné... Mais est-il pour autant appelé à  régner ?) les détracteurs de la trilogie de Sam Raimi, comme les aficionados, ont montré un intérêt teinté de curiosité envers cette nouvelle mouture. Faire un relaunch au cinéma pour un super-héros Marvel, ça s'est déjà vu, mais pour le moment pas sur une licence aussi importante. Aussi, la bande annonce laissait à penser que l'on aurait droit à une autre vision du personnage... Alors qu'en est-il vraiment ? La première minute, je dois le dire, m'a vraiment séduit et captivé. Il s'agit d'un jeune Peter qui s'adonne à une partie de cache-cache un peu particulière. L'ambiance est pesante, teintée de mystère. En un mot, intriguant, on rentre vite dedans. Seulement voilà ,
si toutes les bonnes choses ont une fin, celle ci fut vraiment fugace... Passée la scène "Peter enfant", on arrive dans un univers bien connu : celui du Peter au lycée, et là , eh bien, on a vraiment l'impression de revoir un certain film vieux de 10 ans. Très vite, le problème évident qui se dégage est qu'à vouloir faire un reboot, les scénaristes et le réalisateur sont à la limite de nous proposer un remake du premier film de Sam Raimi. Car voilà , à de nombreux moments et "étapes" du film, on patiente, car pour qui a vu les précédents opus, on connait la chanson... Et ce un peu trop. C'est vraiment une lacune générale au film : passé l'obtention des pouvoirs, dont on devine comment ils vont arriver, il faut aussi se retaper la mort de l'oncle Ben, ici un tantinet plus vite expédiée, mais pour laquelle du coup, j’avoue ne rien avoir ressenti. On a juste vraiment envie d'avancer et de passer à la suite. Et puis, rebelote, viennent les origines du grand méchant, et là encore, cela fera penser à la relation Peter/Dock Ock du second épisode. On devine vite le déroulement des choses... Et c'est bien problématique. Le fait de n'avoir plus cette fraîcheur, cette sensation de découvrir pour la première fois sur écran l'histoire de Spidey, est un sérieux point négatif à  l’appréciation que l'on aura de ce film. Il serait presque marrant de comparer "la feuille de route" de l'original avec ce nouveau numéro 1, tant l'on retrouve un découpage et des scènes similaires. Par exemple, hormis les sus-citées, il y a "l'humiliation" de Flash Thomson par un Peter nouvellement boosté par la morsure de l'araignée; une scène de bataille sur un pont; le moment fatidique de tester ses pouvoirs en se jetant d'un toit; la recherche du malfrat qui a trucidé l'oncle; la confection du costume; et même, une scène de dîner qui tourne court, et qui fera aussi furieusement penser au premier volet avec Gwen et Cap. Stacy en lieu et place de MJ et Norman Osborn...
Des acteurs à la hauteur, mais un scénario qui ne l'est pas
Il faut l'avouer : Emma Stone et Andrew Garfield dans les rôles de Gwen Stacy et Peter Parker sont plutôt convainquants. J'étais assez sceptique, mais le résultat est largement à la hauteur. Cependant, là où le bas blesse, c'est dans les partis pris scénaristiques et les intrigues non résolues. Tenez, par exemple, le grand sub-plot des bandes annonces : le secret des parents de Peter Parker. Car oui, toute la promotion autour du film portait largement là dessus. Autant le dire tout de suite pour éviter les déceptions : il faudra attendre les prochains épisodes. En effet, de nos jours, tout est conçu pour former une trilogie, et il semble que l'on aura des réponses au fur et à mesure. Le film s'inspire néanmoins pas mal de l'arc d'Ultimate Spider-Man, où l'on apprenait que le père de Peter Parker était mêlé à la création de Venom ou plutôt à une sorte de remède au cancer qui aboutira à l'apparition du fameux symbiote. Par contre, on n'en saura pas beaucoup plus, les auteurs préférant donner de vagues allusions à ce qui aurait pu se passer, mais sans vraiment le dire. Aussi, d'une manière générale, les bandes annonces pouvaient laisser à penser que l'ambiance globale du film serait plus sombre que celle de la trilogie initiale : que nenni ! Au fait d'un Spider-Man traqué par la police et qui lutte pour sa survie, on a plutôt droit à un perso bien cool qui, encore une fois, est l'archétype du super-héros américain. Pourquoi diable, sur grand écran, Spidey devrait être le héros du peuple, lui qui a vraiment du mal à se faire aimer dans les comics et qui est plutôt un éternel incompris ? Du coup, on se retrouve avec certaines scènes bien lourdingues, qui prêtent à sourire, alors que le but serait plutôt de nous rendre admiratif.
Prenons les personnages dans l'ordre à présent en commençant par Peter Parker. Andrew Garfield campe un véritable petit génie, son coté inventif est très bien prononcé et mis en avant durant le film, ce qui est un plus. Par contre, le coté journaliste du personnage est quasi totalement éludé, seule une brève évocation de son don pour "capter" l'image nous est faite au début pour passer à autre chose. Point de Daily Bugle, sans doute pour la prochaine fois. Et surtout, Peter est ici plutôt à l'aise avec les filles et "beau gosse"... Fini le Peter vraiment maladroit, qui doit lutter pour conquérir le cœur de la belle. Là , ça semble assez simple. Certes, il est un peu timide... Mais rien de vraiment méchant. A croire qu'un juste mixage entre les deux versions Maguire/Garfield pourrait enfin donner un Peter fidèle à ce qu'il est dans les pages du comics. Venons en à sa dulcinée, la sublime Gwen Stacy, parfaitement représentée par une Emma
Stone plus convaincante que ne l'était Kristen Dunst dans le rôle de MJ. En revanche, et c'est là que l'on voit que le scénario fait bien les choses : elle est belle, mais aussi extrêmement intelligente. De plus, sur des milliers de New Yorkais, elle est non seulement la fille du flic qui se met en tête de traquer Spider-Man, mais aussi l'assistante du docteur Connors, l'autre menace de l'intrigue ! Ben tiens... Le Doc Connors, incarné par un Rhys Ifans également bien encré dans son personnage, fera aussi penser énormément au Doc Ock du second volet de la trilogie précédente. Il y a même une scène où le docteur, impressionné par le savoir de Pete, lui demande de continuer une formule mathématique... Une scène qui, mot pour mot, fait furieusement écho à une autre de Spider-Man #2. Et qu'en est-il de ce bon vieux lézard
? En réalité, les fans d'Ultimate Spider-Man y verront certainement un méchant proche du Green Goblin de cet univers, puisqu'il s'agit d'un gros monstre tout vert. Cependant, il est assez impressionnant et flippant, le contrat est plutôt rempli de ce coté là . Par ailleurs, au chapitre des similitudes, la scène de l'attaque de l'école fera penser à l'épisode #7 d'Ultimate Spider-Man... Clairement inspirée par cette version, Tante May, interprétée par l'actrice Sally Field, obtient ainsi une cure de jouvence et est bien plus en phase avec son temps. C'est le grand Martin Sheen qui prête ses traits à Oncle Ben, mais pour autant en livre une interprétation assez (trop ?) proche de celui des anciens films. De plus, le fait que l'on ait déjà "vécu" ça, diminue forcément l'impact du message qu'il est censé délivrer. Enfin, terminons par Denis Leary qui incarne à l'écran le Capitaine Stacy : si justement dans les diverses BA, on pouvait s'imaginer qu'il allait livrer une interprétation sombre de flic névrosé... Il a plutôt celle du beau-père ridicule. En effet, à bien des occasions, le père Stacy est l'élément comique du film, lui qui était une figure paternelle forte dans les pages des comics. Du coup, l'impact qu'il est censé avoir dans l'intrigue s'en trouve bien mince.
Et le positif ?
Oui, il y en a. Le film bénéficie de quelques petites trouvailles, voire pépites. Déjà , il convient d'admettre qu'avec 10 ans depuis le premier épisode, les scènes où tête de toile virevolte au dessus de New York sont de toute beauté. On a l'impression de limite être avec lui et de ressentir, enfin, des sensations absentes (pour moi en tout cas) des précédents films. Bref, c'est spectaculaire. Ensuite, il y a par exemple toute la phase pour Peter de la découverte de ses pouvoirs : il a vraiment du mal à les maîtriser, et cela est assez bien vu. Dans le premier opus de Sam Raimi, cela se faisait un peu trop simplement, là , Marc Webb montre tous les inconvénients bien logiques que cela comporte, et c'est très drôle. "A grands pouvoirs, grandes responsabilités", certes, mais aussi gros boxon ! Au rayon des choses peut-être mineures, mais tout de même, on s'arrêtera sur le cameo de Stan Lee : tout simplement le meilleur de tous !
Bilan
Amazing Spider-Man n'est pas foncièrement un mauvais film de super-héros... Mais c'est surtout un sacré remake ! Si, 10 ans plus tôt, nous avions eu cette version, peut-être que la réception eut été toute autre. Seulement voilà , toute une génération a déjà pu "s'extasier", ou tout du moins, apprécier les aventures de Spider-Man sur grand écran. Trop d'éléments sont également empruntés des autres épisodes, et l'on retrouve ici tous les marqueurs qui faisaient l'ambiance des précédentes productions. Dommage étant donné que l'attente qu'on en avait permettait d'envisager une vision bien lointaine de celle de Sam Raimi, bien plus désespérée et sombre. Il n'en est rien, c'est au contraire tellement semblable dans le ton que celui-ci aurait pu limite faire office de quatrième épisode de la saga, peut-être avec de nouveaux acteurs, mais était-il besoin de rebooter ? De plus, il va sans dire qu'Amazing Spider-Man va souffrir de la comparaison avec Avengers. Son seul salut réside cependant dans la popularité énorme du personnage qui, à lui seul, l'est au moins tout autant que l'équipe de super-héros. Du grand spectacle certes, mais de l'un de ceux que seuls les "novices", le jeune public au regard neuf, pourra apprécier à sa juste valeur.











« Marc Webb, (Un nom pourtant prédestiné… Mais est-il pour autant appelé à régner ?) » Spiderman, Webb et Araignée (à régner) bon jeu de mot
très bonne p pour avoir été a l’avant première
Pour moi le souci du film est son nom Amazing Spider-Man,on attend voir le Spidey d’origine,celui de 1962 hors là on a droit à Spider-Man version ultimate,si le film s’appelait Ultimate Spider-Man,certains fans réagirez autrement ,si il était le 1er film,pas de trilogie de Sam Raimi ma réaction serait là même qu’aujourd’hui,car je ne retrouve pas le Spidey de mon enfance.
Même dans ta critique, tu te vantes du clin d’œil qu’Emma Stone t’aurait adressé… Je parie qu’en fait, elle avait seulement une poussière dans l’œil..
Le mérite revient à la jeune fille qui était devant moi et qui a commencée à attirer le regard d’Emma dans ma direction en lui faisant des signes !
Petite coquille:
« Si, 10 ans plus tôt, nous aurions eu » >> avions eu
Exact ! Le pire c’est qu’à la relecture je me disais que ça sonnait bizarre… Mais la fatigue l’a emporté ! C’est corrigé.
est-ce qu’il y a une scène post générique ?
Oui… Et c’est une grosse déception.
Peut être même l’as tu déjà vu.
Bon,perso je n’ai pas suivi ultimate spiderman, et c’est donc sans apriori que je suis allé voir le film!
Effectivement, PP est loin du nerd qu’il a pu être dans la première trilogie, mais je crois que c’est voulu par le réalisateur qui ne semble pas vouloir s’étendre sur cette partie (pourtant importante) de la vie du tisseur avec les autres et surtout avec les filles. (encore une fois je ne sais pas ce que ça donne dans la version ultimate). Par contre Spidey en costume est plutôt fidèle et très joueur! J’ai aimé la partie où il s’installe avec son appareil photo dans un coin, comme au bon vieux temps, ou encore avec le sac sur le dos et les coups de fil inopportuns! J’y ai parfois retrouvé le spiderman de mon souvenir, mais je regrette effectivement que ce ne soit pas plus exploité!
Sinon, perso je n’aime pas la tête du lézard, mais bon, ce n’est qu’un avis personnel… Il me fait penser à killer-croc.
Dernier point, la dernière scène post générique… Je me suis demandé quelle pouvait être la signification de cette scène… Le lézard qui perd la boule comme le fit le bouffon lors de la première trilogie (et comme à un moment donné du film)? Ca me semble ridicule… Alors dans mon envie de mieux, je me suis dit que ce devait être autre chose… Quelque chose de plus grand. Ca ne peut pas être Osborn, qui ne peut faire ce genre d’apparition… Mais quel super vilain non exploité encore et furieusement fort dans ce genre de truc pourrait être responsable de tout cela depuis le début? Allez, cherchez un peu, il a fait un tonitruant come-back avec « spidermen »… justement!
Oui! Voilà mon idée! Derrière tout ça, il y a Mystério!!!
Alors qu’en dites-vous?