Focus #3: Generation Heros #1 (page 5) par Gregory Covin & Sebs
Dans Focus, les artistes prennent la parole et vous expliquent leur travail. Dans chaque numéro, un artiste différent commente une page sur laquelle il a travaillé. Pour ce troisième numéro, ce n'est pas un seul artiste mais bel et bien le scénariste et le dessinateur qui seront aux commandes. Génération Héros est une création de Grégory Covin et Sebs mettant en scène les différents super-héros d'un même univers partagé.
Fiche Technique
Titre: Génération Héros #1 : Misty
Date de parution: 26 février 2011
Scénario : Grégory Covin
Illustrations : Sebs
Encrage: Sebs
Couleur: Sebs
Lettrage: Sebs
Pages : 32 (couleurs)
Format : comics (17 x 26 cm)
Éditeur: Carnaval
Prix: 3,90€
Resume :
Découvrez l'univers de Génération Héros avec Misty, apprentie super-héroïne, dans sa première mission face au redoutable Shadow Hands !
La methode d’ecriture de Greg :
L’histoire est décrite page par page, case par case. Greg fait une proposition de découpage et de mise en page en mettant des chiffres en lignes et en colonnes pour désigner les cases. Cases dont le contenu est décrit ensuite.
La technique d’illustration de Sebs :
Génération Héros n°1 est entièrement réalisé à l’ordinateur grâce à des logiciels d’infographie et une tablette graphique. Le rendu lisse et cartoony est obtenu par le procédé d’illustration en vectoriel.
Generation Heros #1, page 5
La situation : En affrontant un redoutable ennemi du nom de Shadow Hands, notre jeune super-héroïne, Misty, est éjectée du combat et atterrit dans un entrepôt désaffecté. Alors que Shadow Hands envoie ses redoutables « ombres corbeaux » (il manipule les ombres) pour démolir le bâtiment, Misty tente de sauver un SDF qui squattait les lieux. Le plafond s’effondre sur eux.
Greg : « Après le fondu au noir de la page précédente, retour à l'esprit combatif. La plupart des pages, et principalement pour ce qui est des premières, ont un début et une fin, et se relient entre elles par un mini cliffhanger. Une nouvelle péripétie survient ainsi en fin de page, résolue lors du début de la suivante, pour replonger le personnage principal dans de nouveaux problèmes à la fin des dernières cases. Dit comme cela, cela pourrait sembler lourd, le boulot du scénariste est que tout coule de source.»
Le script de Gregory Covin :
PAGE 4
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CASE 6 : Misty repousse un gros bloc de pierres, et maintient comme elle le peut le plafond au-dessus de sa tête.
Dialogue – Misty : ça va aller, monsieur. Mais il va falloir penser à sortir maintenant.
CASE 7 : L’homme lui touche la poitrine.
Dialogue – le clochard : C’est toi chérie ? Ta poitrine est plus petite que dans mes souvenirs…
Caption : Non mais je rêve !?
CASE 8 : Misty s’apprête à donner un coup de poing dans le mur qui lui fait face, tout en regardant l’homme à ses pieds.
Dialogue : Misty : Maintenant, m’sieur, on va sortir. Et je crois que ça serait une bonne chose que vous vous achetiez des lunettes…
PAGE 5
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CASE 1 : Tout le flanc gauche de l’entrepôt explose dans un nuage de fumée.
[…]
Sebs: « La partie du script ici présentée est en fait deux pages différentes, à savoir la fin de la 4 et le début de la 5.Je crois que dès la deuxième page, j’ai commencé à décaler complètement le découpage initial de Greg.»
Case par case :
Case 1
Sebs : « Cette case n’est pas dans le script de Greg. Je l’ai rajouté pour faire une transition entre le fondu au noir de la page précédente et la case où Misty soulève les décombres. J’ai repris, de mémoire, une case de Captain America #1 version Heroes Reborn, dessiné par Rob Liefeld. Le contexte était assez proche, Captain America se retrouvait sous les décombres de sa maison, démolie par ses ennemis et brandissait son bouclier, du bout du bras, au travers des débris. Un des nombreux petits hommages ou clin d’œil que j’ai glissé parmi les différentes cases. »
Case 2
Greg : « Si le début de l'histoire nous met tout de suite en situation de combat, l'espace est aussi donné à la déconne. Le personnage du SDF joue ici autant le rôle de l'élément à sauver qu'à balancer une bonne blague. Cette case qui le présente met également en avant les talents de Misty. Puisque le lecteur la découvre depuis seulement quelques pages, sans qu'on introduise tous ses pouvoirs, on les présente petit à petit. Misty joue ici à sa petite Miss Hulk, un personnage que j'adore (bon d'accord, pas autant que la Black Widow). Sebs a très bien retranscrit sa puissance tout en démontrant qu'elle atteint ses limites avec tout le poids qu'elle soulève. »
Sebs : « Là encore, petit clin d’œil ou plutôt auto-clin d’œil puisque je me suis amusé à reprendre une illustration que j’avais faite en collaboration avec Marcio Takara (The Incredibles, Incorruptible).
Case 3
Greg : « C'est l'heure de la blague. Elle m'est venue facilement, et est juste là pour alléger le combat et faire sourire le lecteur. Et puis c'est vrai qu'elle n'a pas une grosse poitrine, notre Misty… »
Sebs : « J’ai galéré un moment pour trouver la bonne onomatopée à mettre sur cette case. C’est finalement dans le manga « Love Hina », où les plotages sont nombreux que j’ai trouvé ce Piouun Piouun »
Case 4
Greg : « Comme dit plus haut, ces quelques scènes, et de ce fait toute la page, servent à adoucir le combat. Comment débuter un premier épisode ? Le problème de débuter « normalement » un récit, soit avec
l'acquisition des pouvoirs du héros, soit de rencontrer le personnage principal dans sa vie de tous les jours, sans pouvoir, est que cela prend du temps. Avec l'idée d'un héros par numéro, et donc de 22 pages pour conter une histoire avec un début et une fin, il fallait que je trouve des raccourcis. L'épisode débute donc par un combat, avec une Misty détentrice de ses pouvoirs et un passé récent à découvrir ; de ce fait, raconter une simple blague, voire un évènement détaché du combat lui-même se doit d'être rapide. J'entame donc le retour au combat après ces quelques cases d'aparté, et de bouffée d'oxygène. »
Sebs : « Dans une version d’essai, j’avais incliné le plan, à l’arrière, ce qui donnait plus de dynamisme à la case. Je ne sais pas pourquoi je n’ai pas gardé cette option. Je le regrette un peu. »
Case 5
Greg : « L'explosion exprime la rage de vaincre de Misty tout autant que la sonnerie du ring. Le combat va reprendre, et après que l'on ait démontré toutes les aptitudes de l'héroïne via les 6 premières pages et le vilain principal du récit, je vais la faire perdre en bon scénariste ignoble que je suis... dès la page 7. Soit un autre cliffhanger. »
Sebs : « Une case avec que du décor, la hantise des dessinateurs ! C’est dans ces moments-là que je déteste mon scénariste. Heureusement, j’ai une poupée vaudou à l’effigie de Greg ! Il me semble avoir dessiné l’entrepôt d’après une photo. On sort de l’entrepôt, d’un lieu clos, je supprime donc les bordures de cases noires (apparues au moment où elle est entrée) pour libérer symboliquement les personnages et le lecteur. Comme la plupart des décors de Génération Héros, la perspective n’est pas juste et les éléments qui la composent sont très épurés. Je voulais que les décors aient une valeur symbolique et pas chercher le contemplatif. J’ai été très inspiré par des dessins animés comme « Le laboratoire de Dexter », « Les Powerpuff Girls » ou encore « Samuraï Jack ». »












Ah yes !!! Misty décripté !!! Ben, ça m’a donné envie de relire ce numéro !
Vraiment génial cette rubrique ! ^^
Analyse très inintéressante, néanmoins, je vais me permettre une petite remarque:
Quand on lit la partie « le script de Gregorie Covin », le fait de commencer par présenter le script original sans l’introduire donne l’impression qu’il s’agit du script exact de la planche.
Les cases ne correspondant pas, cela sème la confusion dans l’esprit du lecteur , j’ai cru qu’il y avait une erreur de retranscription. Encore plus quand j’ai comparé avec la description case par case.
Il aurait fallu, à mon sens, rajouter la petite explication de Sebs en début de partie afin que l’on comprenne bien qu’il y a eu des modifications par la suite.
Sinon pour ce qui est de la page choisie et du focus, c’est très pertinent.
ça ne spoile pas, c’est un passage sympathique, on a pleins d’anecdotes et même un WIP.
Et surtout on a les interventions des deux auteurs.
D’ailleurs je rejoint Greg sur le fait que cela prend du temps de définir un personnage civil sans pouvoirs. Tu met bien en avant le fait de devoir choisir entre un déroulement plus classique ou utiliser une technique de flashback pour expliquer la vie civile du héros.
Oui je voulais dire l’inverse.
Je vous présente mes plus plates excuses pour cette erreur de frappe.
De toute façon, vous savez tout le bien que je pense de votre travail, d’ailleurs j’attends la suite avec impatience.
Merci les gars
Merci KiwiKid et Comics Chronicles (j’ai failli dire Cable’s
)
Pierre> Rassure-moi, c’est un lapsus que t’as fait ?
J’ai aussi serré des dents en lisant la première phrase de Pierre, mais je pense – et j’espère – qu’il voulait dire l’inverse
Sinon, pas facile de revenir sur son travail des années après. J’espère cependant que vous aurez apprécié ce retour sur cette page. Mais comme tout travail scénaristique, on revient encore et encore sur ce que l’on a écrit jusqu’à en être satisfait, et les raisons du pourquoi se retrouvent sous différentes couches de relectures, d’ajouts et de suppressions.
Cela devient finalement un mélange de feeling que l’on touche à quelque chose qui va marcher, qui bouge bien, de bien rythmé, pas toujours facile à analyser.